2020: Un requiem allemand

Johannes Brahms naquit à Hambourg en mai 1833 et mourut à Vienne en avril 1887 où il s’installa définitivement en 1862. Création colossale, cette oeuvre rayonne dans l’œuvre de Brahms et va consacrer sa réputation en Allemagne.

Elle est le reflet de son être profond : vision tragique du monde, douleur et souffrance de l’homme, consolation pour les êtres vivant dans la peine.

Brahms écrivait de lui :

« Je n’ai pas besoin de vous dire qu’intérieurement, je ne ris jamais »

Et c’est à la musique qu’il confie sa mélancolie.  

Dans le titre, l’article « Ein » indique la subjectivité du propos ; le nom « requiem » a peu de sens, car il est sans rapport avec la liturgie du culte catholique ; entendons plutôt « cantate funèbre » où l’âme transcende. Quant à l’adjectif « allemand » , il aurait voulu le remplacer par « humain », car la souffrance concerne tous les êtres.

 Brahms fait lui-même un choix parmi les textes bibliques ayant trait à la mort, l’espérance, la confiance dans la bonté divine. À travers ces paroles, il affirme le particularisme germanique, redit la prière humble et confiante des luthériens devant la mort.

L’œuvre est avant tout méditative, elle exalte les richesses spirituelles de l’âme. D’un bout à l’autre, elle est d’un accent mélodique infiniment expressif.

La genèse de l’œuvre, comme si elle avait besoin de maturité, s’étale de 1854 à 1868. La première version ( 1, 4, 6, 7 ) est donnée le vendredi Saint 10 avril 1868, à Brême sous la direction de Brahms, et la version originale en 1869 à Leipzig.

Œuvre pour chœur, solistes (1 soprane , 1 baryton) et orchestre.

Johannes Brahms à Vienne, 1885